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Scolarité en France pour un enfant arrivant de l’étranger : démarches, droits et conseils

Vie quotidienne
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Chaque année, des familles venues de l’étranger s’installent en France et souhaitent scolariser leurs enfants dans le système éducatif français. Que l’enfant soit en situation régulière, demandeur d’asile ou récemment arrivé, il existe des droits garantis par la loi ainsi que des procédures d’inscription scolaire accessibles à tous.

L’école est-elle obligatoire pour les enfants étrangers en France ?

L’obligation scolaire concerne tous les enfants présents sur le territoire français, qu’ils soient français ou étrangers, avec ou sans titre de séjour. La loi prévoit un accès universel à l'éducation, fondement du droit des élèves étrangers.

Ce que dit la loi sur la scolarité des enfants étrangers

Selon le Code de l’éducation (article L131-1), tout enfant âgé de 3 à 16 ans résidant en France doit être scolarisé, quel que soit son statut administratif. L’origine ou la nationalité n’a aucune incidence sur ce droit.

Cette obligation s’applique même si :

  • L’enfant ne parle pas encore la langue française.

  • L’enfant n’a pas de titre de séjour.

  • Les parents sont en situation irrégulière.

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Bon à savoir


  • L'administration n'est pas autorisée à refuser une inscription pour des raisons liées au statut migratoire de la famille.
  • L’obligation scolaire de 3 à 16 ans s’applique-t-elle à tous ?

    Oui. Dès l’âge de 3 ans, l’enfant doit être inscrit à l’école maternelle, puis à l’école élémentaire, avant de rejoindre le collège. Pour les enfants plus âgés qui n’ont jamais été scolarisés, des dispositifs spécifiques d’évaluation des compétences sont proposés.

    Les droits garantis aux enfants non francophones ou en situation irrégulière

    Les élèves allophones nouvellement arrivés bénéficient de dispositifs adaptés comme les UPE2A (unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants). Ces classes permettent un apprentissage progressif du français et une intégration dans une classe ordinaire.

    Les enfants en situation irrégulière ont accès :

    • À la scolarité gratuite dans les écoles publiques.

    • À l’assurance scolaire et aux activités périscolaires.

    • Aux services de soutien scolaire personnalisé proposés par certaines communes ou associations.



    Quelles sont les démarches pour inscrire un enfant étranger à l’école ?

    L’inscription scolaire en France pour un enfant venu de l’étranger obéit à des procédures précises, définies par les services de l’Éducation nationale. Même sans titre de séjour, un enfant a le droit d’être accueilli à l’école, à condition de respecter les étapes et fournir les documents requis.

    Où déposer la demande d’inscription scolaire ?

    L’inscription dépend de l’âge de l’enfant et du type d’établissement visé.

    • Pour une école maternelle ou élémentaire publique

    vous devez vous rendre à la mairie de votre lieu de résidence.

    • Pour un collège ou un lycée

    la démarche se fait directement auprès du rectorat d’académie ou de la direction académique (DASEN).

    • Dans certains cas, des structures comme les CASNAV

    (Centres académiques pour la scolarisation des enfants allophones) peuvent accompagner la procédure.



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    Bon à savoir


  • Si votre enfant ne parle pas français ou n’a jamais été scolarisé, il pourra bénéficier d’une évaluation scolaire préalable et d’une orientation adaptée.
  • Liste des documents à fournir (traduction, vaccins, identité…)

    Voici les documents généralement exigés lors de l’inscription :

    • Une pièce d’identité ou un document d’état civil de l’enfant (acte de naissance, livret de famille).

    • Un justificatif de domicile (quittance de loyer, facture EDF, attestation d’hébergement).

    • Le carnet de vaccination ou certificat médical attestant que les vaccins obligatoires sont à jour (ou en cours).

    • D’éventuels bulletins scolaires traduits ou documents attestant d’une scolarité antérieure.

    Si certains documents sont rédigés en langue étrangère, leur traduction en français peut être exigée.

    L’affectation de l’enfant : école de secteur, CASNAV ou UPE2A

    L’enfant est en principe affecté à l’école de son secteur, en fonction de votre adresse. Toutefois :

    • En cas de maîtrise limitée du français, il peut être orienté vers une classe UPE2A dans un établissement référent.



    • Des structures spécifiques peuvent être proposées si l’enfant présente des besoins particuliers d’intégration scolaire ou linguistique.



    Comment se passe l’intégration scolaire en France pour un enfant étranger ?

    Une fois inscrit, l’enfant venu de l’étranger intègre le système éducatif français progressivement. Cette phase d’adaptation est essentielle, surtout si l’enfant ne parle pas encore le français ou n’a jamais été scolarisé.

    Évaluation du niveau scolaire à l’arrivée

    Dès son arrivée, l’enfant peut être évalué par les équipes pédagogiques pour déterminer :

    • Son niveau en langue française (oral et écrit).

    • Ses compétences scolaires générales (mathématiques, lecture, etc.).

    • Son expérince antérieure dans un système éducatif.



    Cette évaluation permet de proposer une scolarisation adaptée et, si nécessaire, de l’orienter vers un dispositif d’accueil spécifique.

    Dispositifs spécifiques pour enfants allophones (UPE2A, soutien linguistique)

    Les élèves allophones (ne parlant pas ou peu le français) peuvent être accueillis dans des UPE2A (unités pédagogiques pour élèves allophones arrivants), qui leur permettent :

    • D’apprendre le français comme langue de scolarisation.

    • De suivre certains cours avec une classe ordinaire.

    • De bénéficier d’un encadrement pédagogique renforcé.



    Ces unités sont proposées dans de nombreux établissements publics, notamment dans les zones accueillant des enfants de l’immigration récente.

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    Bon à savoir


  • L’objectif des UPE2A est une intégration progressive dans une classe ordinaire. Le passage total en classe classique dépend des progrès de l’élève.
  • Aide sociale à la scolarisation (bourses, cantine, transports)

    Les familles peuvent accéder à des aides financières destinées à faciliter la scolarisation :

    • Bourses scolaires (selon les revenus).

    • Réductions pour la cantine scolaire.

    • Aides au transport scolaire, notamment en zone rurale.

    • Fournitures scolaires gratuites ou à prix réduit dans certaines académies.

    Renseignez-vous auprès de l’école ou de la mairie pour connaître les services d’accompagnement disponibles localement (travail social, assistances éducatives, soutien psychologique).

    Cas particuliers selon la situation des familles étrangères

    Selon leur statut administratif, les familles étrangères peuvent rencontrer des situations spécifiques lorsqu’elles cherchent à scolariser leur enfant. Le droit à l’éducation reste garanti, mais certaines démarches peuvent nécessiter un accompagnement particulier.

    Parents sans-papiers ou en attente de régularisation

    Même si les parents ne disposent pas de titre de séjour, ils ont le droit d’inscrire leur enfant à l’école. Les établissements publics ne peuvent pas refuser une inscription pour des raisons administratives liées au séjour.

    • Aucun document de séjour des parents ne peut être exigé.

    • L’enfant peut être inscrit avec un acte de naissance étranger ou une attestation d’hébergement.

    • Des associations de soutien aux étrangers peuvent vous accompagner dans la procédure.

    Il est important de faire la démarche d’inscription dès l’arrivée en France pour faciliter l’intégration scolaire.

    Enfants de demandeurs d’asile ou réfugiés

    Les enfants de demandeurs d’asile ont les mêmes droits à l’éducation que tous les enfants en France :

    • Ils peuvent être inscrits dans une école proche de leur lieu d’hébergement.

    • Si la famille est logée dans un centre d’accueil, l’inscription peut être facilitée par une structure sociale ou associative.

    • Une orientation vers des classes spécifiques (UPE2A) est souvent proposée pour les aider dans leur apprentissage du français.



    Les enfants bénéficiaires de la protection internationale accèdent aux mêmes droits que les enfants français.

    Enfants de familles expatriées ou en séjour temporaire

    Les enfants de familles venues pour un séjour professionnel ou temporaire peuvent être inscrits :

    • Dans une école publique, selon le secteur de résidence.

    • Dans une école internationale ou privée, selon les préférences éducatives.

    • En enseignement à distance (CNED) dans certains cas.

    Ces enfants doivent également présenter leurs documents d’identité, vaccins à jour et, si possible, relevés de notes antérieurs.

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